
Comment adapter les conseils à soi ?
Ou l'art de cultiver son jardin sans écouter le bruit des voisins
Le développement personnel est partout. Et à chaque coin de scroll, une nouvelle "vérité" : "Lève-toi à 5h." – "Affirme-toi." – "Médite tous les jours." – "Visualise ta réussite."
Et toi, là-dedans ? Tu essaies, tu t’inspires… Mais ça ne marche pas vraiment. Et au fond, une toute petite voix murmure :
"Est-ce que ça me correspond vraiment ?"
Parce que le vrai développement personnel ne consiste pas à se transformer pour coller à une image idéale, que ce soit la tienne ou celle d'un autre. Il s’agit au contraire de revenir à soi, en douceur, et d'honorer qui nous sommes vraiment.
Un conseil peut être excellent, mais tout à fait toxique pour toi. Tu sais pourquoi ?
Déjà parce que nous ne sommes pas tous fait du même terreau : certains sont hypersensibles, d'autres intuitifs, d'autres cérébraux. Nous n'avons pas les mêmes ressentis, les mêmes histoires, les mêmes failles.
Ensuite parce que ces conseils ne tiennent pas compte de ton style de vie : tu peux être parent, freelance, salarié en grande entreprise ou jeune étudiant qui travaille pour payer ses études. Tu peux aussi être dans un moment de grande fatigue émotionnelle, dans un déménagement ou après une naissance.
Ou ce conseil ne t'attrape pas au bon moment : tu peux juste ne pas en être à ce stade-là dans ta vie. Tu as peut-être d'autres choses à voir avant que ça ne te convienne encore, même si dans l'absolu, ce conseil fonctionne.
Le fait de vouloir suivre ces conseils à la lettre quoiqu'il arrive dans ta vie peut être culpabilisant pour toi. Tu te dis sûrement "Je devrais faire ça, mais je n’y arrive pas… donc je ne suis pas assez discipliné(e)." STOP !! Ce n’est pas toi le problème, c’est cette injonction rigide qui ne te convient pas.
Mais alors, comment faire ? Comment savoir ?
1. Tu dois d'abord apprendre à te connaître, à savoir où tu en es dans ton parcours pour décider si un conseil est bon pour toi ou pas.
Le point de départ, c'est toi. Ton terreau. Qui tu es, tes valeurs, ce qui compte pour toi, ton étape de ta vie. Détermine ce qui t'anime, ce qui te fait vibrer, ce que tu veux protéger ; bref, ce qui te rend vivant(e). Tu auras ainsi ta liste de valeurs, de règles de vie. Tu pourras dès lors déterminer ce qui entre dedans ou pas.
Tu peux te poser ces questions :
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Qu’est-ce qui est non-négociable pour moi ?
- Quelles activités j'aime, est-ce que je peux les regrouper dans une catégorie ? (Par exemple : la création, l'adrénaline, la liberté, la nature)
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Qu’est-ce qui me met en joie, me fait me sentir en paix ?
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Qu’est-ce que je cherche à vivre, au fond ?
N'oublie pas que ces "valeurs" ne sont pas de belles idées que tu veux afficher à tout le monde. C'est ton système interne : ce n'est donc pas la peine de juger ce que tu ressens. Personne n'a à connaître ça, et peu importe ce qu'elles sont : une valeur n'est pas plus importante qu'une autre. N'est pas mieux qu'une autre. Elles sont simplement un fil rouge qui traverse tes choix, tes élans et tes refus, même silencieux.
2. Commence par ressentir plutôt que d'appliquer.
Une fois que ton système de valeurs est en place, que tu es aligné(e) avec toi-même, tu peux commencer à voir ces conseils d'un œil différent. L'étape suivante est d'écouter un conseil et de ressentir ce qu'il se passe dans ton corps : est-ce que tu te sens oppressé(e) ou inspiré(e) ? Est-ce que tu ressens quelque chose dans ta gorge, ta poitrine, ton ventre ? Si c'est lourd ou serré, ton corps te signale que ce n'est pas aligné avec toi.
3. Demande-toi d'où vient ton envie de réaliser ce conseil
Est-ce que ton choix est fait par ta tête ou vient-il du cœur ?
Ou dit autrement : est-ce que ça vient d'un manque (je veux plus d'argent/de confiance, je ne veux plus avoir peur, manquer) ou d'une envie positive (je suis enthousiasmé(e)) ?
Fais bien attention aux arguments que tu vas te dire : souvent, ils semblent positifs mais cachent un fond de manque ou de peur. Ils partent souvent d'une envie de s'améliorer qui est basé sur un manque de confiance.
4. Une fois que tu trouves un conseil inspirant, traduis-le dans ton propre langage.
Ils sont souvent directifs et très rigides. Tu peux le reformuler avec une tournure qui te met moins de pression, ou qui te correspond plus.
A titre d'exemple, je n'utilise plus le terme d'objectif pour désigner ce vers que je tends, mais je parle d'intentions. Car pour moi, un objectif est quelque chose qui va me faire tendre vers un résultat, tandis qu'une intention me fait tendre vers un état d'esprit positif ; je me concentre sur le chemin, sur mon plaisir et mon amusement, mon épanouissement, et je laisse de côté le résultat. J'espère qu'il sera bon, mais je préfère privilégier mon bien-être mental. Donc quand j'entends "objectif", je le remplace tout de suite par "intention" et j'adapte. Je t'en parlerai plus longuement une prochaine fois.
5. Observe ton retour intérieur, pas tes résultats extérieurs.
Les effets d'un conseil ne sont pas toujours mesurables, mais peuvent plutôt prendre la forme d'un bien-être, d'un alignement, d'être plus présent à soi-même etc. De même, si tu sens pendant ta pratique que ton corps réagit, que ça ne te convient pas, ne force pas : il te signale de lui-même que ce n'est pas pour toi/le moment. Et tu ferais bien d'écouter.
Le développement personnel ne devrait jamais être un terrain de comparaison ou de compétition.
C’est un jardin secret, un espace de reconnexion où tu avances à ton rythme.
Et en avançant à ton rythme avec tes valeurs, tu arrêtes de te forcer. Tu retrouves le plaisir d’explorer à ton rythme, tu sens une vraie cohérence intérieure et tu peux réellement faire ressortir ce qui est grand en toi.
Pour moi, c'est ça le vrai développement personnel :
Non pas "s’améliorer".
Mais s’aligner.
Pas "faire plus".
Mais être plus soi.
Pas "suivre les conseils".
Mais écouter sa propre vérité.
Et toi, quel conseil as-tu déjà adapté à ta façon ? Ou au contraire, lequel t’a mis la pression ?